Marianne Pascal, Le poids des souvenirs

Publié le 5 Avril 2016

© M. Pascal, Le poids des souvenirs, 2016, Installation lumineuse et sonore, valises et sac à main, photographies rétro éclairées, tableau électrique. Dimensions variables

© M. Pascal, Le poids des souvenirs, 2016, Installation lumineuse et sonore, valises et sac à main, photographies rétro éclairées, tableau électrique. Dimensions variables

MARIANNE PASCAL, LE POIDS DES SOUVENIRS
EXPOSITION DU 18 MARS AU 23 AVRIL 2016
OMNIBUS, TARBES


Marianne Pascal cultive une esthétique du bricolage dans des créations hybrides et poétiques à l'allure rétro, où affleure la nostalgie du temps qui passe. Son travail associe des sculptures constituées de matériaux trouvés et de technologie bidouillée, souvent motorisées ou animées, des vidéos, des photographies, et différentes installations dans lesquelles la lumière et le son sont omniprésents.
Prolifique et touche-à-tout, l’artiste crée aussi des bandes dessinées, les histoires loufoques de deux ours en peluche (dont le sien), et réalise des objets décoratifs ou utilitaires, notamment du mobilier et de nombreux luminaires.
Dans toutes ses créations, Marianne Pascal utilise des matériaux anciens, récupérés ou chinés, et des rebuts. Des objets quotidiens marqués par leur usage, des morceaux de meubles, des planches ou des petits bouts de rien accumulés dans l’atelier et utilisés tels quels, sans presque aucune modification, si ce n’est l’assemblage. Un geste rapide, intuitif, la fabrication étant avant tout celle d’une histoire où passé et présent s’entrechoquent, dans chaque élément.
Ses œuvres évoquent immédiatement le monde de l’enfance, avec ses jeux, son imagination fertile et sans limites et son innocence parfois cruelle. Un univers ambitieux et fragile où des fusées bricolées côtoient des astres lumineux étranges, rêvant d’infini sous leurs dehors dérisoires.
Mais ces installations apparemment ludiques sont toujours aussi un peu inquiétantes. Bruits de minuterie, chuchotements, grésillements, sonneries stridentes, mélodies bizarres…, de multiples sons viennent perturber le visiteur, tandis que les fusées grincent et vibrent, plongées dans des ambiances lumineuses crépusculaires, et le bourdonnement persistant de la « neige » qui tombe sur des écrans de télévisions obsolètes.
Du Casque pour écouter le temps qui passe, à ses sculptures intitulées Chronos, toute la production de Marianne Pascal est traversée par la question de la mémoire. Les objets et les images qu’elle manipule sont des sortes de catalyseurs avec lesquels elle construit une mythologie personnelle, entre fiction et réalité.
Choisi pour titre de l’exposition, Le poids des souvenirs est une installation qui rassemble plusieurs époques et histoires. Des photographies prises au cours de voyages ou de déambulations urbaines, figeant des bâtiments en construction ou en ruine, des friches industrielles et des terrains vagues, des lieux pour la plupart disparus aujourd’hui, insérées dans un ensemble de valises et de boîtes de transport diverses qui sont aussi des vecteurs de mémoire pour l’artiste. Jouant sur les mots et leurs sens, cette collection de souvenirs et de « bagages », ceux de l’expérience et ceux que l’on porte, figurent l’emprise du passé sur les êtres et les choses.
Autre évocation mélancolique du temps, trois portraits d’enfants contemplent le visiteur, faiblement éclairés par une ampoule à l’abat jour vieillot. Ces photographies d’identité un peu datées ont été agrandies, et les visages découpés puis reconstitués en autant de cadres anciens. À la fois singuliers et universels, ces visages morcelés renvoient chacun à sa propre enfance, comme un des morceaux du puzzle qui constitue l’identité.

© M. Pascal, Enfants, 2016

© M. Pascal, Enfants, 2016

"Ce sont des portraits d'enfants nés dans les mêmes années que moi. Même si je les connais très bien, ils pourraient être des enfants anonymes nés dans les années 60 et quelques, années que nous avons vécues, pendant lesquelles nous étions vivants, mais dont nous ne gardons aucun des souvenirs qui correspondent à ceux "des années 60 " : les voitures, Mai 68, De Gaulle encore président, les chansons Yé Yé, .... Ces années là nous nous en sommes souvenus après, nous n'y avons participé que par le regard et les attitudes de nos parents, les objets présents à la maison, les disques, la 404, choses et événements que nous n'avons identifiées comme nous appartenant, éventuellement que de nombreuses années après. J'ai choisi ces photos d'identités, peut être prises a l'école, les regards sont vides les cheveux coiffés, les sourires adressés à un photographe inconnu. Visage lisse, presque sans trace, reconnaissable malgré tout, mais morcelé dans des cadres anciens comme ceux qui sont encore accrochés aux murs des vielles maisons, à l'image des souvenirs épars qui traînent dans nos mémoires et que nous essayons parfois de reconstituer." M. Pascal
http://www.mariannepascal.com/

Rédigé par OMNIBUS

Publié dans #Expositions

Repost 0
Commenter cet article