expositions

Publié le 20 Mai 2014

VERNISSAGE

JEUDI 22 MAI À PARTIR DE 18H30

Un moment de rencontre avec les artistes autour d'une création culinaire imaginée pour l'occasion par l'architecte de bouche Denise Bresciani.

 

SURFACE SENSIBLE - EXPOSITION COLLECTIVE

Gaël Bonnefon, Gaëlle Feat, Arnaud Gulli, Laurent Lafolie, Caroline Pandelé, Marianne Pascal, Mickaël Soyez, Jürgen Zwingel

du 23 mai au 4 juillet 2014, du mercredi au samedi de 14h30 à 19h

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de haut en bas et de gauche à droite, détails de : Gaël Bonnefon, Sans titre, 2012 de la série About Decline / Gaëlle Feat, Sans titre, 2014 / Arnaud Gulli, Paysage, 2014 / Laurent Lafolie, Os.ti.na.to, 2012 / Caroline Pandelé, Salle n°1, Errances, 2008 / Marianne Pascal, TV-Room, 2014 / Mickaël Soyez, Sans titre, de la série Noli me Tangere, 2012-2014, Jürgen Zwingel, Abschied, 2014

 

On entend souvent dire que l’art contemporain n’est accessible qu’aux spectateurs avertis, ou ne se livre qu’à travers le discours bien rodé d’une indispensable médiation.

L’exposition Surface sensible rassemble des œuvres qui parlent d’elles-mêmes. Poétiques, oniriques, mélancoliques ou graves, elles dialoguent avec le visible en sollicitant l’esprit par les sens, l’imagination par l’émotion. Des œuvres sensibles donc, et ceci à double titre puisque la plupart sont des photographies, des images qui oscillent entre le rêve et la réalité, allant du journal intime mis en scène à l’utilisation de documents trouvés ou d’archives.

Jouant avec le flou, la disparition, la métamorphose ou encore l’indicible, les artistes exposés s’intéressent à l’humain, révèlent la fuite du temps et la fragilité de l’existence, convoquent souvenirs et fantômes, exaltent le trouble, le mystère, et la mélancolie.

 

Visites accompagnées pour scolaires et groupes sur rendez-vous.

Renseignez-vous !

 

Pour en savoir plus sur les artistes :

www.gaelbonnefon.org

http://laurent-lafolie.fr/

http://cargocollective.com/carolinepandele

http://www.mariannepascal.com/

http://www.mickaelsoyez.com/

http://www.jurgenzwingel.com/

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Publié le 31 Octobre 2013

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De haut en bas et de gauche à droite :

Carolle Priem-Schutz, Orbites, 2013 (détail) - Porcelaine, métal, vingt éléments, dimensions variables

Lionel Sabatté, Sans titre, 2013 (détail) - Sculpture d'oiseau en moutons de poussières

Lise Fournier, Sans titre, 2012-2013 (détail) - Tissus, contreplaqués, 80 x 600 cm.

Garance Rousseau, Fantômes, 2013 (détail) - Série de transferts photographiques sur disques de coton, dimensions variables

Laure Trouvé, Jungle - année 1994, 2013 - Installation sonore, dimensions variables

Marion Fougerat, Paillettes, 2013 (détail) - Installation vidéo

 

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De haut en bas et de gauche à droite :

Izolda Petrusiak, Sous la table, 2013 (détail) - 5 sculptures, matériaux divers, 80 x 170 x 80 cm chacune

Antoine Walrick, Geekônes, 2013 (détail) - Pièces en plâtre, tailles variables

Audrey Lefèbvre, Métro, 2013 - vidéo en boucle, signal en métal

Sophie Lefranc, Canvas, 2013 (détail) - Série de peintures au posca sur canevas, dimensions variables

premier plan : Lise fournier, Sans titre, 2012-2013 (détail) - Tissus, contreplaqués, 80 x 600 cm

deuxième plan : Valeria Soggiu, L'éclipse - Vidéo, 33s (en boucle)

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Publié le 9 Juillet 2013

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> Dream catcher ou « To serve and protect »

Sculpture. Filet de protection chutes de pierres, grillage triple torsion d.3,5. 350 x 550 cm.

 

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De gauche à droite et de haut en bas :

> Stock : Observatoire.

« Puisque aujourd’hui tout vole, alors qu’on voit les fils de pêche… »

Installation. Chevrons, fils de pêche 10 kg. 420 x 40 x 280 cm.

> Poudreuse

Sculpture. Enduit, carré de bois 200 x 2,5 x 2,5 cm, poussière de ponçage, lumière.

> Et personne ne m’empêchera plus jamais de regarder les nuages

Sculpture. Moellons, ciment, point de vue. 220 x 240 cm.

> Suizeki

Sculptures. Collection de résidus de construction, matériaux divers, socles-pièces en bois brut. Dimensions variables.

> Aux portes du désert

Sculpture. Portes de récupération découpées, sable. 120 x 100 x 130 cm


 
Béatrice Darmagnac, Résilience
Exposition du 16 mai au 29 juin 2013, Omnibus, Tarbes
 


Sous un titre qui évoque une notion de physique désignant la résistance d’un matériau au choc et la capacité d’un système à pouvoir intégrer une perturbation, Béatrice Darmagnac présente un ensemble d’œuvres qui traduisent son regard sur le paysage, dans son évolution au cours du temps et sous l’effet d’aléas extérieurs. Elle s’intéresse notamment aux signes d’érosion ou de mutation, et met en scène des phénomènes observés lors de ses études sur le terrain.

Formellement assez minimales, ses propositions plastiques relèvent de gestes le plus souvent « simples », associés à l’emploi de matériaux bruts, naturels ou utilitaires, mais aussi de débris ou de matières insaisissables. Ses sculptures oscillent entre architecture et ruine, ou prennent les formes d’une nature artificialisée dans de grandes installations qui nourrissent un dialogue avec l’espace environnant.

En dépit d’une apparence parfois austère, ces œuvres offrant de multiples lectures sont empreintes d’une poésie subtile, car Béatrice Darmagnac cherche l’expression du sublime dans le potentiel intrinsèque des matières nues, l’éphémère ou l’infra mince, et rend visible l’invisible.

Ici, un nuage de fumée s’échappe par intermittence, créant le brouillard qui enveloppe peu à peu le paysage accidenté que l’artiste a tiré d’un lourd grillage métallique suspendu à l’horizontale à hauteur du regard, creux et bosses figurant des montagnes et des vallées dessinées dans l’espace. Ailleurs c’est de la poussière blanche, un résidu de ponçage recueilli sur une barre de bois, qui nous entraîne vers des sommets enneigés illuminés par un soleil artificiel. Le fantôme du matériau est révélé dans cette sculpture fragile, une œuvre éphémère qui recèle pourtant d’infinies métamorphoses.

Cette « esthétique de la disparition » présente dans le travail de Béatrice Darmagnac s’accompagne d’une idée centrale pour l’artiste : l’intime conviction que tout est matière, y compris la pensée. Bon nombre de ses pièces demande la participation active du visiteur, sollicité physiquement et mentalement.

Jouant sur les titres et les concepts, Béatrice Darmagnac instrumentalise le regard en provoquant la réflexion, réalisant au passage des sculptures mentales dans les projections imaginaires de chacun. Ainsi des paysages empruntés à l’histoire de l’art deviennent des grilles de lecture laissant place à la libre interprétation, tandis que de simples chevrons de bois usinés sont mis à disposition du regardeur comme les possibles fondations d’un observatoire qu’il sera automatiquement amené à construire par l’esprit. Le corps est quant à lui convoqué dans les rapports d’échelle, la mise à distance, la collaboration effective à la réalisation de l’œuvre (Partage des eaux).

À la fois conceptuelle et sensible, mélangeant volontiers l’artificiel au naturel, la démarche artistique de Béatrice Darmagnac révèle et magnifie les matériaux jusqu’au déchet. Elle produit une sculpture contemplative, des objets mentaux dont la finalité est de réintroduire de l’enchantement dans la perception du réel.


« L’art s’insère à mi-chemin entre la connaissance scientifique et la pensée mythique ou magique ; car tout le monde sait que l’artiste tient à la fois du savant et du bricoleur : avec des moyens artisanaux, il confectionne un objet matériel qui est en même temps un objet de connaissance. »

(Claude Lévi-Strauss)


CONTACTS


Béatrice Darmagnac

beatrice.darmagnac@hotmail.fr / www.beatrice-darmagnac.pro

OMNIBUS - Laboratoire de propositions artistiques contemporaines

29 avenue Bertrand Barère 65000 Tarbes
05 62 51 00 15 - infomnibus@orange.fr

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Publié le 27 Mai 2013

C'est à voir jusqu'au 30 juin 2013

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> Béatrice Darmagnac, Stock : Observatoire.

« Puisque aujourd’hui tout vole, alors qu’on voit les fils de pêche… », 2013

Installation. Chevrons, fils de pêche 10 kg. 420 x 40 x 280 cm.

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> Béatrice Darmagnac, Suizeki, 2013 (détail)

Sculptures. Collection de résidus de construction, matériaux divers, socles-pièces en bois brut. Dimensions variables.

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Publié le 3 Mai 2013

Sky to Sky -été&hiver-31

Cascade, installation in situ, Glace, Fluorescéine, 4,5 x 1,5 m
Observatoire du Pic du Midi de Bigorre, 2011 © B. Darmagnac

BÉATRICE DARMAGNAC

RÉSILIENCE

EXPOSITION DU 16 MAI AU 30 JUIN 2013

VERNISSAGE
JEUDI 16 MAI 2013 À PARTIR DE 18H30
*


 

L'association Omnibus a le plaisir d'accueillir Béatrice Darmagnac pour une exposition personnelle associant des sculptures inédites à des installations réalisées in situ. Diplômée en 2010 de l’École Supérieure d’Art des Pyrénées, site de Tarbes, cette jeune artiste est actuellement en doctorat à l’Université de Toulouse II Le Mirail, où elle effectue des recherches autour des questions de "paysement" et dépaysement.

Sous un titre qui évoque une notion de physique désignant la résistance d’un matériau au choc et la capacité d’un système à pouvoir intégrer une perturbation, Béatrice Darmagnac propose un ensemble d’œuvres qui traduisent son regard sur le paysage, dans son évolution au cours du temps et sous l’effet d’aléas extérieurs. Elle s’intéresse notamment aux signes d’érosion ou de mutation, et met en scène des phénomènes observés lors de ses études sur le terrain avec des matériaux trouvés, naturels, utilitaires ou pauvres. Ses sculptures oscillent entre architecture et ruine, et prennent les formes d’une nature artificialisée dans de grandes installations qui investissent l'espace.


*Venez avec quelques centilitres d'eau de votre environnement proche. Un échange sera effectué avec l'eau composant la pièce Fontaine : œuvre à emporter.

 L'exposition est ouverte au public du mercredi au samedi de 14h30 à 19h.


En savoir plus


Omnibus

Laboratoire de propositions artistiques contemporaines

29 avenue Bertrand Barère 65000 Tarbes

05 62 51 00 15 - infomnibus@orange.fr

http://www.beatrice-darmagnac.pro


Omnibus est soutenu par
le Conseil Régional Midi-Pyrénées, le Conseil Général des Hautes-Pyrénées, la Direction Régionale des Affaires Culturelles Midi-Pyrénées et la Ville de Tarbes.


RDV AUTOUR DE L'EXPOSITION


LE PARVIS CENTRE D'ART CONTEMPORAIN TARBES / IBOS 

vous invite

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Renaissance, 2010.Installation performance. Echafaudage, cerisier. © B. Darmagnac

 


** Workshop de Béatrice Darmagnac**

au jardin Massey autour du Land Art
Samedi 18 mai – RDV à Omnibus à 11h

29 avenue Bertrand Barère, Tarbes

Participez à un workshop autour des conférences d'initiation à l'art contemporain !
Cette année, les conférences d’initiation à l’art contemporain au Celtic portent sur les grands artistes de l’art contemporain : Marcel Duchamp, Yves Klein, Andy Warhol, Jackson Pollock, Robert Filliou et, pour les prochaines, Robert Smithson et Marina Abramovic...
Pour environner ce cycle de conférences et vous permettre l’expérience d’un processus artistique, le centre d’art vous propose de participer à un workshop qui se base sur la rencontre avec un artiste aux pratiques, aux esthétiques ou aux contenus proches de ceux développés en conférence.
Les deux prochains workshops seront dédiés au Land Art, avec une intervention de l’artiste Béatrice Darmagnac le samedi 18 mai au jardin Massey, et à la performance, avec une intervention de l’artiste Rémi Groussin le mercredi 22 mai au Celtic.
** Workshop de Béatrice Darmagnac** au jardin Massey autour du Land Art
Samedi 18 mai – RDV à Omnibus à 11h - 29 avenue Bertrand Barère, Tarbes


Le travail de sculpture de Béatrice Darmagnac est affilié au Land Art, à l’art minimal et à l’art conceptuel. Après la présentation de son travail à Omnibus, à l’occasion de son exposition Résilience, Béatrice Darmagnac nous propose un travail performatif basé sur la présence de l’eau potable dans l’espace urbain qu’il faudra récolter pour «alimenter» une oeuvre de son exposition à Omnibus. L’après-midi se déroulera au jardin Massey où l’artiste nous invite à participer à l’action intitulée Stimmung. Il s’agit de créer une sculpture immatérielle, d’après la description d’un paysage interne et intime, réalisée selon le protocole imaginé par l’artiste.

11h-12h30 : Visite de l’exposition Résilience de Béatrice Darmagnac à Omnibus et présentation de son travail.
12h30-14h : Pique-nique au jardin Massey. Venez avec vos paniers repas.
14h-17h : Workshop de Béatrice Darmagnac au jardin Massey.


 
Renseignements  

Catherine Fontaine centredart@parvis.net T. 05 62 90 60 82 

 

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Publié le 24 Octobre 2012

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Fabien Guiraud, L'été dernier
Exposition du 11/10 au 30/11/2012
Omnibus, Tarbes


Liste des œuvres


> Résidence secondaire, 2012

Installation in situ, sable fin, dimensions variables
> Au large, 2012

Installation in situ, 100 photographies couleur, 10 x 15 cm, punaises
> Souvenir, 2009

Vidéo, 4’ 41’’, en boucle
> Orient express, 2012

Tapis, armature métallique, 1 x 2 m environ

> Summer Love, 2012
Installation in situ, cailloux, cendres, bois brûlé, sable fin, dimensions variables
> Les neiges éternelles, Gizeh, 2011

Photographie couleur, cadre bois et verre, 75 x 105 cm
> Les neiges éternelles, Paris, 2012

Photographie couleur, cadre bois et verre, 65 x 85 cm

> Les neiges éternelles, Itza, 2012

Photographie couleur, cadre bois et verre, 55 x 105 cm
> Temple, 2012

Sculpture en pin des Landes, 21 éléments modulables, dimensions variables
> La belle rouge, 2012

Images animées, 15 sec. en boucle

http://fabienguiraud.tumblr.com/

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Publié le 24 Octobre 2012

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Résidence secondaire, 2012
sable

Au large, 2012
photographies couleur, punaises


Fabien Guiraud, L'été dernier
Exposition du 11 octobre au 30 novembre 2012


Sous le titre nostalgique de L’été dernier, comme une chanson pop, romantique et un peu kitsch, Fabien Guiraud présente pour sa première exposition personnelle un ensemble de pièces interrogeant de manière ludique le statut des objets, et différents clichés de la société contemporaine. Il multiplie les déplacements de signes et invente un vrai tapis volant, transforme des pyramides en montagnes aux sommets enneigés, et fait d’une punaise la bouée surgissant d’une mer de carte postale. Fabien Guiraud joue avec les nombreuses significations que recèlent les images et le langage, tout en affichant une prédilection pour les matériaux éphémères et l’objet banal. Ses productions plastiques fonctionnent par associations d’idées, comme des mots d’esprit ou des rébus, rehaussés par des titres choisis.


Polysémie
Dès l’entrée de l’exposition, le ton est donné. Au centre de la pièce trône un tas de sable avec lequel l’artiste a réalisé des formes de parpaings. Disposés en cercle, ils préfigurent les fondations d’une tour irrévocablement ruinée. Comme bien souvent chez Guiraud, le matériau est utilisé tel quel, sans aucun artifice. Les briques de l’édifice de sable s’écroulent peu à peu, vestiges abandonnés symboles de la fugacité du temps. Intitulée Résidence secondaire, ce chantier impossible véhicule aussi une imagerie populaire, celle des vacances, des châteaux et des sculptures de sable, des souvenirs de bords de mer auxquels font écho une centaine de photographies disposées en nuage dans un angle de mur.
Sur ces images de cartes postales au premier abord identiques, on peut voir deux bandes bleues superposées : ¾ de mer, ¼ de ciel, et un point jaune ressemblant à une bouée. En regardant mieux un étrange vertige saisit le regard. L’effet d’optique s’explique lorsque la bouée redevient une punaise banale, qui pique l’image sur le mur. Ainsi Guiraud s’amuse à « observer le réel pour ce qu’il pourrait simuler. Faire apparaître comme réelle une chose qui ne l’est pas. Cette position déstabilise la perception sur le monde environnant et permet d’en élargir les représentations. » 1
Qu’elles soient réalisées par lui-même ou bien empruntées sur le Net, les photographies qu’il utilise sont volontairement ordinaires, proches d’une pratique amateur. Elles appartiennent à un répertoire commun, que chacun peut s’approprier. Fabien Guiraud mélange les sources, utilise des photographies de famille ou trouvées, rejoue et fige de vrais souvenirs de vacances (La Tramontane, 2007), confond mise en scène et document, s’invente des biographies fictives, ou choisit de travailler en série avec des images appartenant à la mémoire sociale et collective.
Pour les Neiges éternelles, il repeint indifféremment d’un trait blanc les sommets des pyramides de Gizeh ou du Louvre, en un geste presque distrait qui mêle différentes époques, icônes et civilisations, pour révéler des montagnes naïves et sensibles.
« En plaçant le regardeur dans cette situation, Fabien Guiraud nous fait comprendre que l’idée compte bien plus que sa réalisation, et nous enjoint à explorer la petite part d’imagination propre à chacun (…). La génération née dans les années 80 a bien connu le chocolat «Merveilles du monde». Nous ouvrions ces plaquettes et découvrions des animaux de tout continents, tout en faisant fondre des carrés sur notre langue. Avec ses Neiges éternelles, Fabien Guiraud n’a-t-il pas l’intention de nous rappeler à nos priorités de compréhension du monde ? (…)
Il faut finir l’esquimau glacé avant qu’il ne commence à nous couler sur les doigts. » 2
Fabien Guiraud développe une pratique conceptuelle qui refuse de hiérarchiser les œuvres en fonction du talent ou de l’habileté nécessaires à leur réalisation. Avec ses images modèles, ses matériaux fragiles ou ses objets détournés et ses gestes simples, il cultive l’erreur et l’exploit dérisoire, interrogeant, sur le mode de l’autodérision, les limites de l’art.


Les règles du jeu
De LHOOQ, la célèbre Joconde à moustaches, à In Advance of the Broken Arm, ready-made constitué d’une pelle à neige transformée par la seule logique verbale, il y a indubitablement du Marcel Duchamp chez Fabien Guiraud. Dans son sillage néo-dadaïste, ou dans celui plus proche de Robert Filliou, Fabien Guiraud considère le réel comme un immense réservoir de matériaux transformables par les règles du jeu d’une idée artistique. Les objets que cet observateur poétique du quotidien prélève dans le réel sont parfois banals, mais ce sont toujours des signes porteurs de sens et d’informations, qui perdent leur fonction d’origine pour trouver une nouvelle symbolique dans l’interprétation. Les formes créées se trouvant ainsi elles-mêmes enrichies de ces connotations et fonctions antérieures. Orient express est un tapis aux ornements persans d’un mètre par deux, plié comme un avion en papier. Les significations se chevauchent et s’impressionnent, de destinations exotiques en contes des Milles et une nuit, tandis que le titre souligne dans le même temps avec ironie une idée de vitesse et, au-delà, de rapidité d’exécution.
Souvent, c’est avec le visiteur que Fabien Guiraud joue, en faisant appel à son sens de l’humour, en le touchant et en l’impliquant mentalement dans l’œuvre, par projection, ou, comme avec Les repères, une pièce photographique plus ancienne, en l’invitant à relier mentalement une multitude de points numérotés constellant un ciel bleu, pour créer un dessin absurde. « Ici, c’est l’exercice lui-même qui fait image et qui instaure du coup un jeu entre le visuel et le narratif. Sur le fond bleu, les points évoquent plus volontiers des agrafes ou des entailles dans une toile, et l’éparpillement échevelé des chiffres à relier, l’autopsie d’une scène de crime. On peut encore tenter de se frotter à l’énigme de la mystérieuse combinaison de chiffres, telle la promesse d’une cosmologie inconnue soudain révélée. Et finir par se laisser prendre par la danse des grues tout là-haut dans le ciel… ». 3

Complément d’objet direct
Les objets et sculptures de Fabien Guiraud sont des trompes l’œil, des leurres où se confrontent le réel et l’illusion autour de représentations archétypales, de rituels sociaux : des photographies touristiques, les dessins et les jeux de l’enfance, ou les amours de vacances (Summer Love, 2012). Un travail malicieusement sociologique qui interroge les traces et les icônes des civilisations contemporaines.
Pour Temple Fabien Guiraud convoque des valeurs anciennes ou traditionnelles, clin d’œil à la magnificence de l’architecture antique et des ruines, en réalisant de vraies / fausses colonnes en bois qu’il assemble comme un jeu de Lego, le tout pesant quand même plusieurs centaines de kilos. « Cet ensemble nous montre une nature artificialisée, réduite à sa simple apparence et pourtant lieu des possibles pour des rêveurs. Peu importe dans le fond que la ruine soit neuve, elle fait écho à un passé dans l’historique que nous avons appris à lire comme pittoresque, voire merveilleux. (…) Une composition qui donne à voir le processus de la ruine, et laisse le spectateur imaginer les étapes intermédiaires qui ont fait d’un arbre vivant un morceau de sculpture. » 4
Fabien Guiraud exploite aussi l’intégration d’une architecture à l’intérieur d’une autre, celle du lieu, installe donc un temple en ruine dans un entrepôt, mélangeant une fois de plus allègrement représentation et réalité, traces archéologiques et temps présent, supercherie et réalisme.

Autour d’un travail iconoclaste plein d’humour et de candeur privilégiant la valeur du jeu et l’imagination, les vacances de Monsieur Guiraud oscillent ainsi avec grâce entre poésie et absurde. Un petit feu d’artifice coloré explose en silence sur un moniteur au fond de la galerie, comme en écho à la vidéo Souvenir, une boule en verre agitée en vain ne contenant rien d’autre que de la neige pailletée, qui attendait le visiteur à l’entrée de l’exposition. La boucle est bouclée…

Et si on se prenait enfin un peu moins au sérieux ?

Erika Bretton 

1. / 2. / 3. / 4. : Propos de Fabien Guiraud / Pierre Clément / Catherine Fontaine / Jean-François Dumont

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Publié le 29 Mai 2012

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Liste des œuvres

Loading forever
, 2012
Bois, néon, impression numérique sur plastique transparent, 170 x 21 x 21 cm
Tétraèdre
, 2012
Dessin mural au scotch argenté
Zone interdite
, 2012
Polystyrène expansé, scotch d’emballage, dimensions variables

Hectares, 2012
Mètres rubans, colle, dimensions variables
L’exotique
, 2012
Bois aggloméré, 300 x 300 x 50 cm
Mes Paysages
[n° 2, 5, 10, 12], 2009 —
Série d’impressions numériques sur Dibon, 5 exemplaires numérotés, 100 x 70 cm
Transmission
, 2012
Deux moniteurs, lecteurs DVD, vidéos en boucle

Pierre Clément, Effets variables

Vues de l'exposition, Omnibus, 15 mai - 16 juin 2012

Site de l’artiste : http://pierreclement.eu/

 

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Publié le 21 Mai 2012

Expos Omnibus 9512

L’exotique, 2012
Bois aggloméré, 300 x 300 x 50 cm


Pierre Clément, Effets variables

Exposition du 15 mai au 16 juin 2012, Omnibus, Tarbes

 

Il y a dans le travail plastique de Pierre Clément des préoccupations qui sont le reflet d'une génération. Celle qui s'est développée à la fin du XXe siècle en même temps que les nouvelles technologies d'information et de communication, et qui a vu la télévision, les médias et d'une manière générale les images envahir le quotidien. Une foule d'images et de textes véhiculée grâce aux progrès de la machine. Des monceaux d'informations de toutes natures diffusées sur le Net, accessibles en un clic : un terrain de jeu parfait pour Pierre Clément. Nourri par ce flux, il réalise des pièces qui interrogent les représentations mentales et sociales générées par la dite « Société de l'information », tout en prenant un malin plaisir à jouer avec les codes, les langages et les outils issus de la technologie.

 

Le titre choisi pour l'exposition illustre l'ironie qui domine dans ses productions. Effets variables... C'est l'impression que le visiteur pourrait ressentir devant l'ensemble des pièces proposées par le jeune artiste. Souvent minimales et parfois pauvres d'aspect, ses œuvres sont des signes à décrypter, l'ensemble pouvant fonctionner comme un rébus. Différentes représentations d'une histoire d'artifices et de glissements parfois subtils d'une réalité à une autre, teintée d'un regard cynique sur certains aspects du monde contemporain tels que la politique ou la finance.

En tout cas, Pierre Clément n'hésite pas à faire mauvais effet en exposant dès l’entrée un empilement de petits paquets rectangulaires emballés qui évoquent les saisies de drogue. Intitulé Zone interdite, ce travail souligne le côté factice de l’actualité et finalement le non sens contenu dans cette pseudo réalité livrée en pâture au grand public. Un tas de drogue exhibé comme un trophée au journal télévisé de 20 heures, pourtant ridicule au regard de l'ampleur du trafic et de la réalité économique et sociale qu'il recouvre. Pierre Clément multiplie les détournements en s’amusant de présenter un simple amas de formes en scotch pour incarner fugitivement une manne financière colossale.

Pour L’exotique, il s’est inspiré du logo d’un jeu vidéo, une illustration de palmier réduit à un archétype stylisé par les pixels, qu’il transforme en monument d’aggloméré. Couchée sur le côté, l’imposante sculpture de bois brut entraîne avec elle la vision d'un exotisme de pacotille tombé à terre, comme un écho à la situation réelle que cache bien souvent l'illusion des tropiques.

Avec Loading forever, Pierre Clément fait surgir une autre icône de la surface de l’écran, en imaginant une forme simulant une barre de chargement, symbole informatique courant de la durée de travail nécessaire à l’ordinateur pour répondre à une requête. Représentation du temps qui s’écoule et synonyme d’une certaine impuissance humaine, cet objet chargeant pour l’éternité des données invisibles s’affiche comme une Vanité contemporaine.

Pierre Clément procède volontiers par accumulation, répétition d’un même motif, d’un objet ou d’un geste. Il multiplie les grilles, les motifs géométriques et les séries, combinant méthode et hasard dans la lignée de François Morellet, dont il admire le travail. Son installation Hectares occupe l’espace avec des centaines de mètres alignés selon un quadrillage régulier, les rubans tirés à des hauteurs différentes. Comme les brins d’herbe dans un champ, l’ensemble de tous ces éléments à la fois identiques et distincts forme une nappe unifiée. Au-delà de la pointe d’absurdité qui affleure dans la tentation de mesurer le vide, la scène provoque une fascination visuelle quasi hypnotique, chaque point de vue permettant une nouvelle lecture.

En filigrane comme ici dans de nombreux titres d’œuvres (Le buisson, La pluie, Le champ, La souche…), la question du paysage apparaît comme un axe important des expériences plastiques menées par Pierre Clément. Dans la série Mes paysages, il se sert de logiciels et de ressources Internet comme matériau. Il utilise des images de fonds d’écran pour ordinateurs représentant des scènes toujours idéales, qu’il recompose, en sélectionnant et en recollant plusieurs fois de manière aléatoire des milliers de lignes de 1 pixel. Pierre Clément réalise ainsi des tableaux digitaux que l’on peut rapprocher du Glitch Art, mot issu du jargon informatique pour signifier un défaut de fonctionnement, devenu art d’exploiter des bugs pour créer un visuel artistique.

 

Pour cette première exposition personnelle qui éclaire une réflexion artistique articulée autour des relations entre réel et artificiel, et la révélation des passages qui s’opèrent dans cet aller-retour, Pierre Clément propose un ensemble de pièces susceptibles de modifications, des images déformées par des filtres, des paysages fragmentés, déchus, le tout dominé par une esthétique « Do it yourself », et la neige qui tombe dans le regard vide des grands de ce monde. Effets variables

 

Erika Bretton

 

 

« Je pense qu’il y a aujourd’hui plus d’images dans le monde que de réalité même. », Thomas Demand, cité par Jean-Max Colard, « l’ère du soupçon », Qu’est-ce que l’art aujourd’hui, numéro spécial Beaux-arts Magazine, mai 2002.

 

En savoir plus sur Pierre Clément : http://pierreclement.tumblr.com/ - http://pierreclement.eu

 

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Publié le 9 Mai 2012

 

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Effets variables : vues du montage au 8 mai 2012


 

> DU 15 MAI AU 17 JUIN 2012
Pierre Clément, Effets variables

L'association Omnibus a le plaisir de vous convier à la première exposition personnelle de Pierre Clément, Effets variables. Né à Tarbes et diplômé de l'Ecole Supérieure d'Art des Pyrénées en 2010, ce jeune artiste présente ses travaux les plus récents, essentiellement des pièces produites pour l'occasion.
Tiraillée entre économie de moyens, séduction visuelle et détournement de sens, sa démarche artistique est protéiforme et évolutive, au service de recherches plastiques examinant avec un certain cynisme la société médiatique et ses travers, mais aussi les outils technologiques qui la constituent.

Vernissage Mardi 15 mai à partir de 18h30
Exposition ouverte au public du mercredi au samedi de 14h30 à 19h

rectoeffetsmail

En savoir plus sur Pierre Clément :
http://pierreclement.eu/



Omnibus - Laboratoire de propositions artistiques contemporaines

29 avenue Bertrand Barère 65000 Tarbes
05 62 51 00 15 - infomnibus@orange.fr
http://laboratoire-omnibus.over-blog.com


Omnibus est soutenu par
le Conseil Régional Midi-Pyrénées, le Conseil Général des Hautes-Pyrénées, la Direction Régionale des Affaires Culturelles Midi-Pyrénées et la Ville de Tarbes.

 

 

 


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